Réplublicain Lorrain, 2,3 et 4 Mars

02 mars 2005:

Saez au Galaxie

Saez, petit prince du rock français sera en concert au Galavu-ie le 3 mars. Il aura 28 ans le 1er août, mais il a déjà de longues années de carrière derrière lui et deux albums. Le premier, Jours étranges, est construit sous forme de manifeste rock, métallique et "bruitiste". La chanson Jeune et con est l'une des premières à connaître un énorme succès. Puis sort God Blesse, véritable voyage intérieur et exploration d'un vaste horizon musical.

03 mars 2005:

Saez, rockeur enragé

En 1999, son premier album Jours étranges l'avait consacré jeune prodige du rock français auprès d'une certaine presse spécialisée. Avec le single Jeune et con, Damien Saez imposait alors un nouveau visage dans le paysage du rock français. Enragé ou mélancolique, le Dijonnais servait un opus soigné, dont il signait les textes et les musiques. En 2002, un second et volumineux album de 30 titres, God Blesse, n'a pas reçu le succès escompté, jugé trop ambitieux pour toucher le grand public. Mais Saez n'a pas baissé les bras et c'est sans tourner sa langue dans sa bouche qu'il présentera ce soir, sur la scène du Galaxie, son troisième album, Debbie.

L'écorché du rock'n roll star system y versera ses textes vengeurs, ses mélodies séduisantes et ses pamphlets au monde politique mis en musique dans les titres Autour de moi les fous ou Le bleu de l'absinthe. Vindicatif, rageur, Saez l'a déjà été, notamment après le premier tour des élections présidentielles de 2002 en sortant un single Tous fils de France pour inciter "la jeunesse France" à se rendre aux urnes.

Avec Debbie, Saez revient plus tempéré, peut-être plus abordable aussi pour un public peu habitué finalement à être chahuté. L'opération séduction ne se fait cependant pas en perdant de sa saveur, bien au contraire. Le titre Marie ou Marylin, accrocheur et décadent à souhait devrait encore faire couler de l'encre sous la plume de ses détracteurs. Le ténébreux et mystérieux rockeur n'a pas encore vendu son âme au diable du rock commercial et c'est tant mieux.

04 mars 2005:

Damien Saez, énergie électrique

Un projecteur diffuse une lègère lumière. Dans ce halo bleuté, une seule ombre sur la scène. Une voix accompagnée d'un roulement de batterie pour seul instrument. Saez, bras en croix, joue le grand numéro. D'accord, il l'avait dit, la scène c'est pas son truc, il préfère "une bonne cave ou un studio d'enregistrement à une foule en délire". Mais ça, c'était il y a quelques temps. Depuis, il a été adopté. Maintenant il sait y faire, pas dans les grands discours, dans la musique, électrique, très électrique, et dans les textes. Hier soir, sur la scène du Galaxie à Amnéville, le jeune Dijonnais était porté aux nues par une déferlante de quelque 3 000 aficionados.

Il a séduit, en reprenant les principaux titres qui l'ont aidé à se hisser rapidement parmi les meilleurs groupes de rock français. Comme Noir désir, dont certains morceaux sont très inspirés, Damien Saez se veut engagé, déclinant des textes rageurs, révoltés, corrosifs, provocateurs.

Jeans, sweat noir sous un imper kaki qu'il tombera bien plus tard, Saez a déployé toute son énergie, sans s'exhiber pour autant.